07/06/2004

Terres d'Orcanie.

Voilà le début de ce que sera mon premier roman.

 

Chapitre I : Quatre

 

Korey, une jeune guerrière impétueuse, était allongée sur un lit dans une des nombreuses chambres de la taverne d'Amenor, ville au port grouillant de vie, escale de tout un chacun. Elle était plongée dans un très profond sommeil, proche de la catalepsie. La pièce était d'une décoration sans goût, comme un cumul anarchique d'objets ramenés ça et là de nombreux voyages. Une faible lueur filtrait sous les draps poussiéreux tirés devant ce qui servait de fenêtre. Un murmure incessant mêlé d'odeurs de poisson frit montait et s'immisçait dans la trop minuscule salle. La veille, elle s'était réveillée, dépouillée de tout vêtement, aux abords de cette même ville, sans trop savoir comment elle s'y était retrouvée. Quelqu'un l'avait-il battue? Violée? Elle n'en avait pourtant pas eu l'impression. Korey ouvrit un oeil puis le second, finissant par fixer les grains de poussières, tels des étoiles minuscules, traversant le mince filet de lumière s'échappant des jointures des tentures. Elle tenta de se relever, dégarnissant le drap d'un geste faible, quand une douleur assailli tout son être. Une très longue blessure dorsale parcourait son corps de l'épaule à la taille. Et la plaie saignait. Elle poussa un cri lorsque que son dos couvert de sang à moitié séché se détacha du drap souillé.
Il lui avait fallu beaucoup de temps et surtout la rencontre inopinée avec son frère pour la faire se souvenir du calvaire dans lequel elle avait été plongée lui valant cette blessure.
Lors d'une de ses nombreuses pertes de conscience, son frère, Dydou d'Orcanie, l'avait amenée et allongée dans un lit de la taverne. Mais ça, elle l'ignorait. Tout ce qu'elle savait, c'était que des images de son passé venaient l'attaquer par vagues de plus en plus fortes alors qu'elle était incapable de leur résister. Des vagues plus noires que la nuit, plus vermeilles que le sang qui coule d'une plaie. Des souvenirs implacables prenant possession de son âme au cours de ses instants de sommeil. Korey passa une main dans son dos, la ramena devant son regard triste, cligna des yeux trois fois et retomba sur le lit s'abandonnant à nouveau. La main tachée de sang se crispa sur le drap et, déjà, le monde disparaissait sous elle.



Un rire froid et victorieux, écho de ses souvenirs, se fit entendre. Une voix familière dont elle semblait se nourrir tout en en maudissant le timbre.
-Je t'attendais, Koreander....
Korey se retourne et voit l'homme en armure rouge, entouré de sa pénombre. Il tend une main gantée vers elle.
-Viens à moi, Korey. Et libère ta haine... Ta haine... TA HAINE!!! Mouahahahahaha.

Korey hurla et son corps, suivant son esprit poussé hors du sommeil, se redressa brusquement dans le lit, puis retomba lourdement. Sur son dos, sans raison apparente, sa plaie s'ouvrit largement, inondant le lit du sang de la demoiselle aux cheveux roux. A nouveau, la fatigue vint clore les yeux humides de la guerrière.
Dydou remercia le garde de faction devant la porte de la chambre d'une pièce en étain et entra sur la pointe des pieds tout en empêchant la porte de grincer sous son poids. Korey semblait à nouveau endormie et sa respiration lente tentait à le prouver. D'un geste de la main, il recouvra le corps de sa soeur du drap baissé à sa taille et s'assit au bord du lit, la surveillant d'un regard fraternel et protecteur.
-Quatre longues années...
Dydou soupira avant de reprendre d'une voix monotone mais empreinte d'émotion.
-Quatre longues années sans nouvelle de toi, petite soeur. Sans savoir où tu te trouvais. Tous mes messagers sont revenus les mains vides, sans aucune nouvelle pour réchauffer mon coeur. J'ai fait affréter des dizaines de bateaux afin de fouiller de fond en comble chacun de ces mondes. Peine perdue. Rien...Tu ne semblais plus exister. Personne ne semblait avoir croisé ta route, personne n'avait reconnu ta chevelure rousse renvoyant les rayons du soleil comme autant de rayons d'opale...
-Puis, par miracle, à moins que ce ne soit par Amour, tu es réapparue. A l'endroit où je t'avais quittée il y a déjà bien des lunes.
Il posa son regard tendre sur Korey.

-Que s'est il réellement passé tout ce temps? Ce temps, qui pour toi, ne te semble qu'une poignée de jours, ce temps qui n'a eu aucune emprise sur ta jeunesse. Tu n'as pas vieilli d'une heure, petite soeur.
-Et puis, cette blessure.... Cette blessure étrange dont je découvre pour la première fois l'existence, cette plaie vivant au gré de tes souvenirs, se refermant et s'ouvrant suivant tes humeurs et tes pensées: quelle est-elle?.... Je te rassure, petite soeur, de mal, tu n'en as point commis en ce monde...Tu t'es juste endormie...Ici...Il y a quatre ans.... Que s'est-il vraiment passé? Je te promets sur ma vie de le découvrir... Savoir qui a su et comment on a réussi a infiltrer ton âme et tes rêves me sera tâche ardue, mais je ne trouverais le sommeil que le jour où cette blessure se refermera pour la dernière fois libérant enfin ton coeur et ton esprit...
Il imaginait déjà mille châtiments pour le coupable, les poings serrés. Puis il regarda sa soeur, toujours endormie, lui sourit et lui murmura;
-Dors, Ko, commence par te reposer, je veille à nouveau sur toi.
Il déposa un baiser sur son front et quitta la chambre en silence.


05:07 Écrit par Dydou d'Orcanie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

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Écrit par : Didou | 07/06/2004

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Écrit par : Moi | 07/06/2004

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